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  • La cité perverse

    15 octobre 2009

    Parution du dernier livre de Dany-Robert Dufour, La cité perverse, Denoël, Paris, 2009.

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Groupe Paidéia

Champ de recherche en philosophie de l’éducation

Les différents membres de l’axe de recherche en philosophie de l’éducation de l’Université de Paris 8 se sont retrouvés autour de l’idée qu’il est nécessaire d’interroger l’idéal d’autonomie, bien différent de celui des Lumières, dont se réclame de plus en plus fortement l’éducation moderne depuis la fin du XIXème siècle. Cet idéal a été l’objet de reformulations et de réinterprétations multiples (par les philosophies de l’éducation héritées des Lumières, par la philosophie pragmatique américaine, par les philosophies dites post-modernes, par les sciences humaines et sociales…) dont il est devenu nécessaire de retracer la généalogie afin de comprendre ses tenants et aboutissants autant que ses succès et les énormes difficultés de sa réalisation pratique.

C’est l’écart persistant entre ce qui apparaît comme une nouvelle doxa éducative fondée sur ce que d’aucuns appellent "la libération des enfants" (cf. Alain Renaut [1]) et les nombreuses transformations dans la subjectivation et la socialisation qui pourraient bien directement découler de cette doxa que les membres de l’axe de recherche s’efforceront d’interroger, chacun à leur façon.

Pour bien comprendre le problème, il convient d’abord de le situer historiquement : nous sommes passés en deux siècles d’un modèle essentiellement transcendantal à un modèle essentiellement libéral. Le modèle kantien s’exprime parfaitement dans ce passage du Traité de pédagogie où il est dit que "l’homme [contrairement à l’animal] n’a pas d’instinct : il faut qu’il se fasse à lui-même son plan de conduite. Mais, comme il n’en est pas immédiatement capable, et qu’il arrive dans le monde à l’état sauvage, il a besoin du secours des autres" [2]. Ce secours doit être institutionnalisé pour mener à terme à ce que Kant appelait l’"imagination transcendantale", c’est-à-dire à la pensée critique. Le modèle libéral, lui, met au contraire l’accent sur l’autonomie des "acteurs" et ceci, dès l’enfance. De sorte que la pire chose qui, selon ce nouveau modèle, puisse arriver à l’enfant, c’est justement ce que le modèle précédent recommandait, à savoir le "secours des autres" et, bien évidemment, l’institutionnalisation du secours des autres, avec ce qu’il implique comme construction par les États-nations d’une institution fondée sur la figure du maître comme "sujet supposé savoir" et sur la transmission des œuvres (littéraires, artistiques, etc.) comme préalable à la création. C’est justement cela qui paraît aujourd’hui contraire au libre développement de l’enfant.

Ce projet conquérant semble cependant rencontrer un point de butée relevant d’une donnée de nature que les Lumières, de Kant au Freud, avaient bien repéré : l’état de détresse enfantine, l’Hilflosigkeit, dûe à ce que "l’enfant d’homme est jeté dans le monde inachevé" [3]. Soit l’on prend au sérieux cette Hilflosigkeit de l’enfant et l’on aboutit, dans ce cas, à la nécessité d’organiser tout ce qu’elle implique comme état de dépendance prolongée du petit enfant. Soit, on passe outre et l’on en vient, par exemple, à doter de plus en plus en droits égaux le père et l’enfant, le maître et l’élève. Une grande partie des problèmes éducatifs actuels semblent découler de la contradiction existant entre la nécessité démocratique de réputer égaux des individus différents (ne serait-ce que par différence générationnelle) et l’impossibilité pratique de reconnaître comme entièrement égaux un enfant dépendant et un adulte indépendant [4].

À l’intérieur de ce cadre large, les membres de l’axe de recherche en philosophie de l’éducation de l’université de Paris 8 développent leurs voies propres en veillant à se doter de nombreuses passerelles permettant une discussion d’ensemble.

Domaines de recherche

Cinq domaines de recherche sont proposés actuellement par les enseignants du groupe Paidéia :

1. Le pragmatisme, philosophie dominante de la culture dominante.

2. Approche sémiologique et discursive de la culture post-moderne.

3. Les philosophies moderne et contemporaine dans leur rapport à l’éducation.

4. L’idéal éducatif post-moderne.

5. Éducation musicale et artistique.

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